ECOLE SUPERIEURE DES ARTS PLASTIQUES ET VISUELS

Country: Belgium  
Location:
 
Student Population:
Continent: Europe



UNE ECOLE : UNE MEDIASPHERE

Ecole, le mot ne nous dit-il pas que nous grandissons au contact des formes d esprit qui, nous instruisant du sens, nous désignent comme leurs interprètes ? Il n est pas déplacé de penser que l école est notre seconde demeure, elle nous accueille comme un lieu. Le lieu dont il est ici question n est pas un refuge. Rien non plus d un édifice d idées, plutôt le contraire : un espace accessible. La référence, ici, est plus opportune qu il ne paraît, s agissant de l Enseignement supérieur artistique organisé en Ecoles supérieures des Arts. Apprendre, n est-ce pas, au-delà, cohabiter avec l autre ? Se découvrir au cSur d une recherche artistique suppose l acquisition de savoirs en rapport avec une maîtrise, d un art, d une discipline, mais tout autant la responsabilité sociale. Notre demeure ne sera plus l unité isolée, même établie sur une hauteur, que la Cité considérait telle la marque d une caste ou d une appartenance. L école est désormais l hôtesse du langage - des langages, peut-on dire - , sa porte s ouvre largement sur la médiasphère. Et de ce fait, elle sert de repère à la démocratie, qui n est ni vague, ni indécise. Qu est-ce qu une médiasphère ?

La médiasphère incarne la tentation aujourd hui d organiser une relation au monde aussi diverse que les multiples moyens qu elle invente et propose. Ce mot supplante désormais celui de communication : il vient de « médiologie », approche qui définit le cadre concret ou pragmatique par lequel l homme invente ses messages. Comme on sait, la relève contemporaine a assuré d autres destinées aux notions qui avaient prévalu dans les arts plastiques, les arts visuels, les arts de l espace, jusque très récemment. Nous vivons une ère de transparence. Comme l indique très précisément Gérard Leblanc lorsqu il ausculte les retombées de la « convivialité cathodique », le jeu social réclame de façon continue, sans repentir, des « arbitres », de la visibilité ou de la « transparence ». Celle-ci fait échec, en partie du moins, à l échange symbolique traditionnel. Qu est-ce qu un échange symbolique ?

C est le grand anthropologue Claude Lévi-Strauss qui nous explique que tout contact humain, tout imaginaire, renvoient à une coupure avec la réalité. Cette coupure, l homme la colmate au moyen d un ordre symbolique, tel l art, tel le concept. Dès lors, la transparence de nos aspirations, de nos vSux, de nos attentes exprimera cette prise en compte de nos ressources symboliques traditionnelles. Les traditions elles-mêmes connaissent une réforme. La transparence de l information en est à la fois la traductrice et la remise en cause. Quoi de plus léger, de plus interpellant, par exemple, qu une photographie où se découvre le profil d une ville lointaine ou celui d un visage de Rodin ? Le projet artistique, même s il n est pas l oubli de l importance acquise par de nouveaux médiums au XXe siècle, de nouvelles technologies au début de ce XXIe siècle, se doit d être une prise de risque. Mais aussi il peut devenir un travail de redéploiement des structures qui, de la forme à la couleur, de la matière à l objet, du site urbain au site virtuel, du palpable à l impalpable, s éveillent à des modes inédits de conception, d échange et d achèvement des Suvres. UNE ECOLE : UN CARREFOUR
 
http://www.esapv.be

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