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UNE ECOLE : UNE MEDIASPHERE
Ecole, le mot ne nous dit-il pas que nous
grandissons au contact des formes d esprit qui, nous instruisant du sens, nous
désignent comme leurs interprètes ? Il n est pas déplacé de penser que l
école est notre seconde demeure, elle nous accueille comme un lieu. Le lieu
dont il est ici question n est pas un refuge. Rien non plus d un édifice d
idées, plutôt le contraire : un espace accessible. La référence, ici, est
plus opportune qu il ne paraît, s agissant de l Enseignement supérieur
artistique organisé en Ecoles supérieures des Arts. Apprendre, n est-ce pas,
au-delà , cohabiter avec l autre ? Se découvrir au cSur d une recherche
artistique suppose l acquisition de savoirs en rapport avec une maîtrise, d
un art, d une discipline, mais tout autant la responsabilité sociale. Notre
demeure ne sera plus l unité isolée, même établie sur une hauteur, que la
Cité considérait telle la marque d une caste ou d une appartenance. L
école est désormais l hôtesse du langage - des langages, peut-on dire - , sa
porte s ouvre largement sur la médiasphère. Et de ce fait, elle sert de
repère à la démocratie, qui n est ni vague, ni indécise. Qu est-ce qu une
médiasphère ?
La médiasphère incarne la tentation aujourd hui d
organiser une relation au monde aussi diverse que les multiples moyens qu elle
invente et propose. Ce mot supplante désormais celui de communication : il
vient de « médiologie », approche qui définit le cadre concret ou
pragmatique par lequel l homme invente ses messages. Comme on sait, la relève
contemporaine a assuré d autres destinées aux notions qui avaient prévalu
dans les arts plastiques, les arts visuels, les arts de l espace, jusque très
récemment. Nous vivons une ère de transparence. Comme l indique très
précisément Gérard Leblanc lorsqu il ausculte les retombées de la «
convivialité cathodique », le jeu social réclame de façon continue, sans
repentir, des « arbitres », de la visibilité ou de la « transparence ».
Celle-ci fait échec, en partie du moins, à l échange symbolique
traditionnel. Qu est-ce qu un échange symbolique ?
C est le grand
anthropologue Claude Lévi-Strauss qui nous explique que tout contact humain,
tout imaginaire, renvoient à une coupure avec la réalité. Cette coupure, l
homme la colmate au moyen d un ordre symbolique, tel l art, tel le concept.
Dès lors, la transparence de nos aspirations, de nos vSux, de nos attentes
exprimera cette prise en compte de nos ressources symboliques traditionnelles.
Les traditions elles-mêmes connaissent une réforme. La transparence de l
information en est à la fois la traductrice et la remise en cause. Quoi de plus
léger, de plus interpellant, par exemple, qu une photographie où se découvre
le profil d une ville lointaine ou celui d un visage de Rodin ? Le projet
artistique, même s il n est pas l oubli de l importance acquise par de
nouveaux médiums au XXe siècle, de nouvelles technologies au début de ce XXIe
siècle, se doit d être une prise de risque. Mais aussi il peut devenir un
travail de redéploiement des structures qui, de la forme à la couleur, de la
matière à l objet, du site urbain au site virtuel, du palpable à l
impalpable, s éveillent à des modes inédits de conception, d échange et d
achèvement des Suvres. UNE ECOLE : UN CARREFOUR |
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