CRPS BOUSQUET

Country: France  
Location:
 
Student Population:
Continent: Europe



Il est nécessaire d évoquer la genèse de cette école, creuset de notre travail actuel pour appréhender ce dernier:

L association de ces singularités, dyslexie/dyspraxie et/ou précocité intellectuelle est en fait au départ due au hasard d une rencontre avec eux au sein d une école qui les accueillait sans le savoir&

Ce travail totalement empirique au début et que j ai coutume de revendiquer comme tel, a commencé en ce qui me concerne dans les années 80. A cette époque, j ai rejoint une petite école privée Niçoise, le C.R.P.S, fondée en 1960 par un homme exceptionnel, sans qui rien n eût été possible et à qui nous rendons hommage : Mr. Paul Rochet, psychologue. Il accueillait, selon sa formule, « des enfants d intelligence normale ou plus en échec scolaire ». J ai découvert peu à peu que ces enfants, recrutés selon ces deux principaux critères, étaient pour la plupart précoces ou dyslexiques, ou précoces et dyslexiques, parfois dyspraxiques et présentaient souvent d autres troubles associés tel qu un déficit attentionnel important. (Quant aux autres enfants, minoritaires, un vécu social et/ou familial avait induit l échec scolaire). Ainsi, parmi ces enfants marginalisés par l échec scolaire, les exclus du système, « intelligents ou plus », cadre posé par Mr. Rochet, se trouvaient réunis ces oubliés de la pédagogie officielle. Pourquoi ce type d élèves, intelligents, certes, mais apparemment si différents étaient-ils tous naufragés du système officiel ? C est ainsi que j ai découvert « les troubles dys » liés ou non à la précocité intellectuelle et que, peu à peu, j ai dû m adapter et repenser mon enseignement. Ce fut le point de départ de la pédagogie que nous professons aujourd hui en équipe depuis plus de quinze ans.

A l époque, quant à un trouble d apprentissage lié à la précocité, personne n avait évoqué cette possibilité, au mieux, on constatait le trouble, mais on ne faisait pas le lien avec l échec, seule la précocité était mise en cause. L opinion courante sur les « surdoués » terme utilisé à ce moment-là était leur inadaptation au système, certes, mais due à un « haut potentiel » (terme actuel) incompatible avec la pédagogie habituelle, on évoquait, entre autres, « l ennui en classe », une réalité certes mais qui me semblait insuffisante à justifier une grande partie des échecs scolaires observés chez ces enfants particuliers. Quant aux troubles d apprentissage « dys », c était le domaine réservé des orthophonistes. Au sein de l éducation nationale, à cette époque, le vide était impressionnant (les choses changent aujourd hui, la prise de conscience est évidente). Comment aider ces enfants à apprendre ? J étais d autant plus isolée que je me suis heurtée, à l époque, à l incompréhension, voire l hostilité de certains professionnels, pire encore des soupçons sur l honnêteté de cette démarche : « comment peut-on mélanger des dyslexiques et des précoces ? », « Comment peut-on imaginer qu un précoce puisse être dyslexique ? » Mais convaincue de la réalité de mes observations « j osais » donc obstinément continuer à affirmer qu il existait « des précoces-dys » (terme que j utilise depuis plus de 15 ans) et que la précocité ne pouvait expliquer à elle seule l échec scolaire d un pourcentage conséquent d élèves à haut potentiel, que cette précocité était en fait trop souvent l arbre qui cache la forêt : depuis une quinzaine d années nous répétons à qui veut l entendre que grâce justement à l intelligence de ces enfants, un trouble d apprentissage parfois grave sera longtemps masqué par la mise en place de stratégies compensatoires qui se révèleront tôt ou tard insuffisantes et conduiront inévitablement à l échec (en général on voit arriver ce type d enfant en 5ème) échec d autant plus incompris qu il touche un enfant précoce. Actuellement ceci est enfin reconnu et avéré. J observe donc aujourd hui avec intérêt le mouvement actuel sur une idée qui en choquait tant à l époque. Nos anciens élèves, devenus adultes, et leurs parents témoins de cette période difficile, me comprendront.

Résignée à l absence d expériences pédagogiques de l époque sur ces difficultés, je décidai donc de m y consacrer, dans un total isolement au début mais soutenue par Mr. Rochet puis en équipe depuis 1995 : un long travail d observation, de remises en question au quotidien, d ajustements successifs de notre travail pédagogique : travail laborieux qui unit depuis une quinzaine d années quelques adultes, simples pédagogues de terrain mais fermement décidés à combler un vide et des enfants en souffrance.
 
http://crpsbousquet.com

Back





.....................


- - -